74 % : c’est le taux de remplacement moyen du dernier salaire par la pension de retraite en France. En Allemagne, il tombe à 53 %. Aux Pays-Bas, il frôle les 90 %. D’un pays à l’autre, le modèle change du tout au tout. Certains imposent la capitalisation obligatoire, d’autres s’en tiennent à la répartition, ou préfèrent mixer les deux. Ajoutez à cela de fortes disparités fiscales, une prise en charge santé très variable pour les étrangers, des avantages sociaux qui rebattent les cartes, et l’on comprend vite pourquoi la destination “parfaite” n’est jamais la même pour tous. Enfin, entre paperasse administrative et barrières linguistiques, bien des critères restent sous-estimés au moment de faire ses valises.
Pourquoi de plus en plus de retraités choisissent de s’expatrier
La tendance s’accélère : chaque année, davantage de Français franchissent la frontière pour vivre leur retraite ailleurs. Plusieurs raisons expliquent cet engouement. Parmi les motivations, fiscalité plus douce, vie quotidienne moins coûteuse et recherche d’un climat agréable arrivent en tête. Le Portugal, l’Espagne, la Grèce séduisent par leur douceur de vivre et leurs dispositifs fiscaux qui font parler. D’autres destinations, comme la Thaïlande ou le Maroc, misent sur un budget abordable et des services adaptés, y compris pour l’accès aux soins.
Choisir un pays pour sa retraite, c’est peser de nombreux paramètres : qualité des soins, sécurité, proximité culturelle ou géographique avec la France. La qualité de vie ne se résume pas à un slogan : elle se mesure à l’aune de l’accès aux services, de la stabilité, des transports. Les retraités cherchent un équilibre entre confort, pouvoir d’achat et tranquillité. Certains restent proches de leur famille, d’autres s’offrent un nouveau départ, portés par la curiosité et l’envie de découvrir.
Voici les principaux critères qui guident le choix d’une destination :
- Coût de la vie : la pension mensuelle va plus loin, surtout dans les pays où l’inflation reste maîtrisée.
- Fiscalité : conventions internationales et régimes spécifiques peuvent alléger le poids de l’impôt.
- Climat : la recherche de soleil demeure un moteur, mais la sécurité sanitaire reste décisive.
- Sécurité et santé : ces deux points restent déterminants pour beaucoup de candidats à l’expatriation.
Le profil du retraité expatrié a changé : plus jeune, mieux informé, plus mobile, il anticipe les démarches (visas, assurance santé internationale), s’appuie sur les communautés francophones déjà installées et prépare son projet avec pragmatisme. La France conserve un rôle de repère, mais la tentation du départ est forte, à condition de s’assurer de la qualité du système de soins local et de la solidité du cadre de vie.
Quels critères vraiment décisifs pour bien comparer les systèmes de retraite
Comparer les systèmes de retraite, ce n’est pas seulement regarder le montant de la pension. La fiscalité appliquée sur les retraites joue un rôle majeur. Certains pays, comme le Portugal, la Grèce ou l’Italie, attirent avec des dispositifs fiscaux réservés aux retraités étrangers. Le sort fiscal de votre pension dépend en grande partie de la convention signée avec la France, il suffit parfois d’un détail pour voir la note grimper. Mieux vaut étudier ce point en détail, sous peine de mauvaises surprises.
Le coût de la vie mérite aussi une attention particulière. Profiter d’une retraite confortable à Lisbonne ou Marrakech ne demande pas le même budget qu’à Genève. Loyer, panier alimentaire, dépenses de santé, transport : tout compte. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) rappelle que le niveau de vie des retraités en France et en Italie reste proche de celui des actifs (autour de 96 % à 98 %). Mais dans des pays comme la Thaïlande ou le Maroc, un coût de la vie bien plus bas permet de vivre correctement même avec une pension plus modeste.
La qualité du système de santé ne doit jamais être reléguée au second plan. Hors Union européenne, il faut souscrire une assurance santé expatrié. La qualité des soins, l’accessibilité des hôpitaux, la présence de professionnels francophones : autant de points à examiner avant de se lancer. Ajoutez le facteur sécurité et la stabilité du pays d’accueil : quitter la France, c’est aussi faire des choix entre climat, stabilité politique et confort de vie.
Pour ceux qui anticipent, le Plan d’Épargne Retraite (PER) peut faire toute la différence. Il offre des avantages fiscaux, des revenus complémentaires et permet parfois un déblocage anticipé sous conditions. Un outil à considérer sérieusement pour organiser sa retraite, que l’on reste en France ou que l’on parte vivre à l’étranger.
Tour d’horizon : avantages et limites des destinations les plus prisées
Le Portugal reste le choix numéro un pour bien des retraités français. Climat tempéré, fiscalité attrayante, statut RNH, présence de nombreux francophones, accès rapide à la France, système de soins fiable : le cocktail séduit. Mais ces dernières années, la générosité du régime fiscal s’est réduite et la demande a fait grimper les prix de l’immobilier, surtout à Lisbonne et Porto.
En Espagne, la proximité, le mode de vie latin et le climat ensoleillé font mouche, notamment sur les côtes. Le système de santé est reconnu, les infrastructures modernes. Côté fiscalité, l’avantage est moins marqué qu’au Portugal ou en Grèce, à surveiller, donc, si l’objectif est d’optimiser sa pension.
La Grèce attire grâce à un impôt plafonné à 7 % pour les retraités étrangers, un climat méditerranéen et un patrimoine exceptionnel. Mais les démarches administratives peuvent être complexes, et la qualité des soins varie beaucoup selon les régions.
Hors d’Europe, la Thaïlande offre un coût de la vie très bas (environ moitié moins qu’en France), des soins privés accessibles et un quotidien dépaysant. Cependant, l’obtention d’un visa longue durée est impérative et la stabilité politique n’est pas toujours garantie.
L’Île Maurice, le Maroc et la Tunisie jouent la carte de la francophonie, d’une fiscalité modérée et d’un climat agréable. Le Maroc est apprécié pour sa proximité, la Tunisie pour ses prix très abordables.
Côté palmarès internationaux, la Suisse domine l’Indice Mondial de Retraite de Natixis, grâce à la qualité de son système. Mais ici, le confort se paie : pour vivre en Suisse, il faut prévoir un budget conséquent.
Lever les doutes : conseils pratiques pour franchir le pas sereinement
Avant de choisir un pays pour votre retraite, il faut s’atteler à certaines démarches incontournables. Le visa ou titre de résidence conditionne l’installation : procédures différentes selon les pays, délais parfois longs, justificatifs de ressources exigés. Anticiper ces étapes permet de limiter les surprises. Il est aussi recommandé de s’informer sur la convention fiscale liant la France et le pays d’accueil : elle détermine la façon dont votre pension sera imposée. Entre le Portugal, la Grèce, la Tunisie ou la Thaïlande, les modalités changent du tout au tout. Prendre le temps d’étudier la fiscalité locale est indispensable, car elle peut évoluer rapidement.
Pour la santé, la protection sociale européenne ne s’applique plus hors de l’UE. Il devient alors nécessaire de souscrire une assurance santé expatrié solide, adaptée à l’âge et aux habitudes médicales du pays. Parfois, cette assurance est même obligatoire pour décrocher un visa longue durée. Il faut vérifier les plafonds de remboursement, la couverture des maladies chroniques, l’accès aux hôpitaux privés.
Mettre en place un budget réaliste s’impose : prenez en compte le coût de la vie, les dépenses de santé, le logement, les déplacements. N’oubliez pas la fiscalité sur les retraites et le cas d’un éventuel bien immobilier conservé en France. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) reste un atout pour optimiser son capital, choisir entre rente ou capital, profiter d’avantages fiscaux et anticiper les imprévus.
Enfin, la présence d’une communauté francophone sur place facilite l’intégration, notamment au Portugal, au Maroc ou en Thaïlande. Intégrer les réseaux d’expatriés, partager des expériences, repérer les quartiers qui correspondent à vos attentes : ces démarches font toute la différence pour réussir son installation. L’accompagnement par des conseillers spécialisés peut aussi sécuriser chaque étape, du projet initial à l’installation définitive.
Au fond, choisir sa retraite à l’étranger, c’est ouvrir une nouvelle page : parfois pleine de promesses, parfois semée d’obstacles, mais toujours unique. Qui sait ? Le pays idéal n’est peut-être pas celui que l’on croit, mais celui qui permet, enfin, de savourer la liberté retrouvée.


